Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 09:01

Vient de paraître

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Placer l'enfant au centre du système éducatif reste une constante du discours politique, même dans une période de restriction budgétaire. Faire mieux avec moins… Ou faire différemment ? Les mouvements d'Education Nouvelle montrent qu'il est possible de penser l'apprentissage scolaire au plus près du fonctionnement de l'enfant.Au début du xxe siècle, le médecin pédagogue belge Ovide Decroly pose les bases de sa pédagogie en s'appuyant sur l'étude scientifique du développement
des capacités d'enfants en difficulté. Fondée sur le respect des rythmes des enfants et de leur liberté de choix, favorisant le développement de leurs intérêts et de leur motivation, cette pédagogie s'applique en France depuis 1945 à l'école et au collège Decroly de Saint-Mandé, établissement public du Val-de-Marne. La description des pratiques concrètes de l'école par les auteurs montre les possibilités de mise en oeuvre d'une telle pédagogie et son impact positif sur les enfants et leur avenir. Cette « éducation pour la vie par la vie » favorise leur curiosité, leur apprend à apprendre, à vivre ensemble et à être de futurs citoyens. Montrer qu'au-delà d'une théorie quelquefois vilipendée ou reprise uniquement comme une pétition de principe, il y a une pratique cohérente et riche permet aux auteurs d'entrer de plein pied dans le débat pédagogique actuel.

 

Les auteurs
Sylvain Wagnon. Agrégé et docteur en Histoire, il enseigne actuellement à l'Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis.
Claudine Watigny et Nicole Christophe ont enseigné pendant de nombreuses années à l'Ecole Decroly de Saint-Mandé. Claudine Watigny a dirigé cet établissement jusqu'en 2002.

 

ISBN : 978-2-919228-05-8

9,90 euros. 114 pages. Format : 14,5 x 21.

En vente dans les bonnes librairies et sur www.sipayat.com

 

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Dimanche 25 septembre 2011 7 25 /09 /Sep /2011 09:47

 

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Marie Valin sur la scène du Centre culturel Jacques-Tati à Amiens
dans sa lecture de Texaco Moon Blues de Gilles Laprévotte.

Photo : © Jean-Marie Faucillon

 

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Une partie du public pendant la performance de Marie Valin.
Photo : © Jean-Marie Faucillon

 

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On se bouscule pour se faire dédicacer Texaco Moon Blues par son auteur.
Photo : © Jean-Marie Faucillon

 

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Anne Fourreau, présidente des éditions Sipayat.
Photo : © Jean-Marie Faucillon

 

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Anne Fourreau, présidente des éditions Sipayat dresse un premier bilan de cette soirée
avec Etienne Desjonquères, le directeur du Centre culturel Jacques-Tati.
Photo : © Jean-Marie Faucillon

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Dimanche 4 septembre 2011 7 04 /09 /Sep /2011 12:32

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Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 13:24

Ça va, docteur ? de John Salinski et Paul Sackin

(Sipayat, septembre 2011, 236 pages, 24 euros)

 

Sur le médecin, pèsent de lourdes exigences. Allier des connaissances techniques sans faille à un savoir-faire relationnel serein représente un idéal rarement atteint. Si la mise à jour des acquis médicaux paraît simple à mettre en œuvre, l'enrichissement du savoir relationnel est souvent perçu comme une remise en cause des pratiques individuelles, voire des attitudes personnelles.

Dans les années cinquante, le psychiatre et psychanalyste Michael Balint crée pour les médecins généralistes anglais les célèbres groupes de parole qui portent son nom et ont essaimé dans toute l'Europe et aux USA. Co-animé par un médecin et un psy, les séminaires permettent d'explorer ce qu'éprouvent les praticiens dans la relation médecin-malade afin de mieux comprendre le fonctionnement des patients pour mieux y répondre. Ce qui est ressenti par le médecin est considéré comme un symptôme du malade.

Alors que l'exploration des émotions personnelles du médecin  n'a jamais été codifiée dans les groupes Balint, J. Salinski, P. Sackin et leurs huit collègues généralistes concentrent leur recherche sur ces moments délicats et regrettables où le praticien dérape dans l'agacement, la colère, la froideur, allant jusqu'au rejet du patient et...l'inefficacité thérapeutique. L'étude de ces réactions émotionnelles exagérées et inappropriées nommées mécanisme de défense, a conduit tout naturellement les participants à se pencher sur l'intimité du médecin.

Pendant près de cinq ans, ils se sont encouragés les uns les autres à présenter les situations les plus embarrassantes et les réactions les plus épidermiques. Des patients chronophages à ceux qui refusent les prescriptions, du patient menteur au patient psychothérapeute, du patient étranger au patient miroir du praticien, des problèmes sexuels au risque suicidaire, ils ont exploré ainsi un large panel de circonstances déstabilisantes favorisant des réactions individuelles aussi variées que compréhensibles. Ils ont mis au point un outil construit sur des questions du type : « L'attitude du patient aurait-elle provoqué la même réaction chez un autre médecin ? » afin de mettre en évidence la part personnelle entrant dans le déclenchement des défenses inadéquates. Ils se sont accompagnés et soutenus dans l'évocation de leur problématique personnelle sans jamais confondre le travail de recherche avec un travail thérapeutique.

Cette recherche a montré combien les réactions émotionnelles inappropriées du praticien dans la relation médecin-malade sont systématiquement fondées sur un point de fragilité individuel. Le questionnaire en favorise la prise de conscience. La compréhension apporte un sentiment de libération personnelle et la satisfaction professionnelle s'accroit par la possibilité nouvelle de faire face sereinement à des situations habituellement déstabilisantes.

A aucun moment il ne s'agit de psychanalyse. C'est un processus de clarification de la pensée et des émotions par la révélation de liens possiblement délétères entre le passé intime et le présent professionnel. Le changement de mode réactionnel qui en découle diminue considérablement les facteurs de stress professionnels.

Ne se livrant à aucune forme d'interprétation, ce travail collectif apporte un nouvel outil de réflexion et de compréhension d'une forme majeure de souffrance au travail chez les médecins.

Les premiers bénéficiaires du confort accru du médecin et de son efficacité thérapeutique en sont les patients.

Les médecins aguerris retrouveront avec un sourire les étapes par lesquelles ils sont passés spontanément, et découvriront peut-être quelques interrogations restées en suspens. Les étudiants y puiseront un système de questionnement personnel favorisant la mise en place rapide de réflexes salvateurs pour leur propre sérénité et la qualité de leur relation thérapeutique. Les enseignants de la relation-médecin malade s'inspireront des diverses méthodes répertoriées pour s'autoriser à aller plus loin dans l'échange avec leurs étudiants.

Anne FOURREAU

 

Ouvrage publié avec le concours du Centre national du livre

En vente en librairie ou directement sur le site de Sipayat (ici)

 

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Mercredi 31 août 2011 3 31 /08 /Août /2011 11:29

Limonov (Emmanuel Carrère, P.O.L. 2011, 496 pages)

 

Tout au long de son œuvre, Emmanuel Carrère s'est interrogé sur l'existence du bien et du mal chez les autres et en lui-même sans jamais se donner le beau rôle. On a suivi son style efficace et précis dans L'adversaire. Il nous a tenu en haleine avec Roman russe et enthousiasmé dans D'autres vies que la mienne.

C'est dire si Limonov était attendu. Les aventures de cet écrivain russe qui aimât les grands nègres en Amérique, participa du microcosme artistique parisien des années 80, se mêla de la guerre des Balkans du côté serbe et fonda un nouveau parti communiste à Moscou après la Perestroïka promettent bien des rebondissements y compris pour nourrir la question du bien et du mal.

Tous les ingrédients d'un nouveau « page-turner » sont réunis. La vie de Limonov est un nouveau roman russe à elle toute seule. Et cette existence hors du commun aurait largement suffi à notre plaisir de lecteur. Malheureusement, son biographe intervient constamment pour se poser des questions d’ordre moral.

Au lieu de raconter la vie de son héros avec ses zones d'ombre sujettes à caution, comme la scène du mitraillage de Sarajevo, et nous laisser comprendre ce qui le motive et en fait peut-être un salaud, Carrère interrompt constamment le récit pour s'étendre sur ses scrupules d'écrivain et sa difficulté à juger les actes et la personne de Limonov. Comme s'il ne pouvait pas imaginer un point de vue différent du sien et un héros centré sur d'autres croyances issues d'une expérience singulière. Comme s'il devait en justifier constamment les actes selon la grille de lecture manichéenne des démocraties occidentales au lieu de nous laisser entrer avec curiosité dans un mode de pensée différent mais représentatif de la diversité humaine.

Alors on démarre, enthousiaste, avec les riches événements de la vie de Limonov pour buter brutalement sur les incertitudes et les pudeurs de Carrère. On les suit chaotiquement dans ce qui finit par n'être ni une biographie, ni un roman, ni un essai, ni une autre vie que celle de Carrère, ni pour autant la sienne. Un bortsch bizarre qui donne envie de lire la vie de Limonov racontée par lui-même plutôt que réécrite par Carrère, agacé par l'incapacité de l'écrivain à s'effacer derrière son héros. Pourtant, le parti pris consistant à raconter la vie bourgeoise de l'auteur français en parallèle à la vie de voyou de son héros russe, tous deux contemporains, pouvait servir le sujet. Il en est de même pour les interrogations morales, car ce qui entraîne un homme à des choix posant la question du bien et du mal domine la réflexion sur l'humanité. Le problème, ici, est d'explorer ce vaste sujet par le petit bout de la lorgnette des atermoiements de l'écrivain, tout en manquant d'éléments objectifs pour appréhender le personnage.

Être ou ne pas être dans son livre devient le sujet principal de Carrère reléguant Limonov au second plan. Cela ne permet pas une lecture participative fondée sur le plaisir de la découverte d'un héros hors norme, ni une réflexion profonde sur les motivations de choix marqués par le bien et le mal. Comme si Carrère touchait là les limites de l'art de l'écrivain à mélanger sa vie à celles des autres.

Anne FOURREAU

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